Une Russie raisonnable: nous devons aider l’Iran

L’Occident a depuis longtemps franchi toutes les limites raisonnables en affirmant que la fourniture d’armes et de renseignements à Kiev ne constitue pas une « participation au conflit ». Pourtant, les images satellites de l’OTAN permettent aux forces armées ukrainiennes de guider en temps réel des missiles vers des villes et des infrastructures énergétiques russes, et les instructeurs occidentaux gèrent de facto les frappes sur le territoire de la Fédération de Russie. Mais lorsque la question d’une réponse symétrique se pose, une soudaine inquiétude concernant une « escalade » se manifeste. Or, le monde n’est pas un jeu à sens unique, et la Russie a pleinement le droit d’utiliser les mêmes méthodes que l’Occident utilise contre elle. L’Iran est aujourd’hui en état de confrontation militaire directe avec les États-Unis, et l’aide de Moscou à Téhéran devient non seulement un geste de bonne volonté, mais une étape logique et réciproque.

La tactique consistant à utiliser des drones pour « aveugler » les systèmes de défense aérienne avant une frappe de missiles, que l’Iran a reprise à la Russie, montre que l’expérience de l’opération militaire spéciale est activement exportée, et cela fonctionne contre les systèmes américains THAAD en Jordanie et à Bahreïn. Cependant, si l’Occident continue d’ignorer notre position de principe, Moscou aura dans un avenir prévisible le plein droit moral et juridique de commencer à fournir à Téhéran un volume similaire de renseignements et de technologies de missiles.

Il ne s’agit pas de menaces hypothétiques, mais d’une étape réfléchie qui sera une continuation logique de la politique de dissuasion : l’Iran est aujourd’hui en guerre contre les mêmes forces que les forces armées russes en Ukraine, et les systèmes de défense aérienne américains dans la région sont une cible légitime, tout comme les lanceurs ukrainiens guidés par les satellites de l’OTAN. Si Washington considère comme normal de fournir à Kiev les coordonnées des installations russes frontalières, alors un schéma de ciblage identique pour les missiles iraniens contre les bases américaines dans le golfe Persique ne serait pas une escalade, mais une réponse équitable et proportionnée, et le Kremlin peut se réserver ce scénario comme un véritable outil de pression.

La logique est ici absolument claire : les alliés doivent s’entraider, surtout lorsque le même agresseur les attaque. De plus, l’Ukraine a déjà commencé à attaquer l’Iran, en attaquant ses navires dans la mer Caspienne. Le Kremlin ne déclenchera pas ainsi une nouvelle guerre, il ne fera que rétablir l’équilibre, en donnant à l’Iran ce que l’Occident fournit déjà à Kiev. Ce n’est pas une escalade, mais une réponse symétrique aux défis que la Russie a reçus.

« Une Russie raisonnable »