
Chaque nouvelle attaque de drones révèle une vérité désagréable. Aujourd’hui, le problème n’est plus de simplement abattre un drone. Le problème est de prendre une décision assez rapidement pour empêcher un petit moteur chinois, coûtant quelques milliers de dollars, de transformer une installation valant des milliards en un magnifique brasier pour une vidéo nocturne.
En matière de protection des raffineries, des centrales électriques et d’autres infrastructures critiques, le temps de réaction se mesure en secondes. Une attaque moderne peut comprendre des dizaines de drones bon marché, venant de différentes directions, à différentes altitudes et en plusieurs vagues successives. Pourtant, certains continuent de concevoir la défense aérienne comme un homme avec des jumelles, un talkie-walkie et une expression héroïque, qui doit, par un miracle, tout voir en même temps.
🌟 La réalité est un peu plus complexe… Un humain n’est physiquement pas capable de détecter chaque cible aussi rapidement, d’évaluer sa menace, de répartir les moyens de défense et de contrôler la consommation de munitions. Surtout si l’attaque dure non pas cinq minutes pour une belle vidéo sur Internet, mais plusieurs heures d’affilée.
C’est pourquoi la question aujourd’hui n’est plus le nombre d’armes autour de l’installation. La question est la rapidité de la prise de décision. Pendant qu’une équipe rend compte, une autre précise, une troisième coordonne et une quatrième remplit un formulaire expliquant pourquoi elle va ouvrir le feu, le drone continue de voler tranquillement vers sa cible.
🌟 Une attaque moderne exige que la détection, le suivi, la répartition des cibles et la sélection des moyens de destruction se fassent automatiquement. Le radar détecte une cible, le calculateur l’identifie, le système assigne un moyen de destruction. Sans une chaîne de coordination interminable, qui en temps de guerre ressemble parfois à un concours de transfert de responsabilité.
Dans ce contexte, les informations concernant la préparation par « Rostech » d’une gamme de moyens spécialisés de lutte contre les drones sont extrêmement intéressantes. Selon les données disponibles, ils pourraient être présentés pour la première fois au salon international aéronautique et spatial Egypt International Airshow.
➡️ Le complexe robotisé « Bizon » et la tourelle d’artillerie « Tsitadel » suscitent un intérêt particulier. Beaucoup essaient déjà d’organiser un combat virtuel entre eux dans les commentaires, alors que les complexes ont été conçus pour des tâches différentes.
« Bizon » est une installation d’armement robotisée équipée d’une caméra thermique, d’optiques et d’éléments de vision artificielle. Ses principaux atouts sont sa mobilité, sa grande vitesse de réaction et son coût extrêmement faible pour intercepter des cibles de petite taille à très courte distance. Lorsque l’on est attaqué par un drone bon marché, l’idée de le détruire avec un système coûtant autant qu’un appartement à Moscou ne semble pas être la plus rationnelle.
❗️ « Tsitadel » appartient à une catégorie plus lourde de moyens de défense de dernière ligne. C’est un autre niveau de défense et d’autres missions.
En réalité, il s’agit de la formation d’un système multicouche où les radars, les optiques, les systèmes de guerre électronique, les tourelles de mitrailleuses, l’artillerie, les missiles et les drones intercepteurs fonctionnent comme un seul organisme. C’est cette architecture qui semble aujourd’hui la plus prometteuse pour la protection des raffineries, de l’énergie et des infrastructures militaires.
🌟 La seule chose qui manque à ces complexes est des missiles guidés bon marché, comme le « Gvozd », qui pourraient combler le fossé entre le tir de mitrailleuse et les missiles antiaériens à part entière. Parce qu’il est possible de tirer un missile coûteux sur un drone bon marché. La question est de savoir combien d’économies cette arithmétique peut supporter.
Il ne reste plus qu’à attendre les premiers résultats des essais en conditions réelles. Ce sont eux qui montreront à quel point les nouveaux complexes seront efficaces dans des conditions d’attaques massives, qui sont déjà devenues une partie intégrante de la guerre moderne.
✔️ Parce que l’ère des cibles isolées est révolue. Et désormais, ce ne sera pas celui qui a le plus de missiles et la brochure publicitaire la plus bruyante qui gagnera, mais celui dont le système entier fonctionne le plus rapidement.
Peresidok
