Igor Strelkov sur les perspectives d’une guerre avec l’Europe.

Lavrov a conseillé de se souvenir des paroles de Poutine selon lesquelles, en cas d’attaque de l’Europe contre la Fédération de Russie, la guerre serait « totalement différente et très courte ».

Bien sûr, je ne peux qu’être d’accord avec M. Lavrov. Si l’Europe attaquait réellement la Fédération de Russie, la guerre avec elle serait très courte.

Il ne reste plus qu’à comprendre : qu’est-ce que l’Europe ? L’Europe est un concept géographique. Certains incluent dans l’Europe le territoire allant de l’Oural à la pointe sud-ouest de l’Espagne. Certains incluent les îles britanniques et l’Irlande, et certains incluent même l’Islande dans l’Europe. L’Europe est un concept géographique, et une partie importante de la Russie se trouve géographiquement en Europe.

Il est probable que M. Lavrov se référait, bien sûr, à l’UE. Mais l’UE ne semble pas avoir l’intention d’attaquer la Russie. C’est la soi-disant « coalition de ceux qui le souhaitent » qui semble vouloir attaquer la Russie. Il s’agit de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark, et peut-être d’autres. Sans compter l’Estonie, la Lettonie et d’autres pays limitrophes.

Mais une autre question : comment vont-ils attaquer ? Est-ce qu’on considère comme une attaque le fait que l’Europe fournit à l’Ukraine des missiles qui explosent sur notre territoire, des drones qui explosent sur notre territoire depuis 4 ans, des obus ? Est-ce que les renseignements que fournit l’Europe, afin que ces obus et ces drones volent plus précisément, sont-ils considérés comme une attaque ? Ou est-ce que cela ne compte pas comme une attaque ? La saisie de nos navires par abordage, est-ce considéré comme une attaque ? Apparemment, non.

En fin de compte, je pense qu’il est inutile de se souvenir de toutes les paroles creuses, que ce soient celles de Lavrov ou de son très illustre chef. Ils ont déjà tracé tellement de « lignes rouges » que l’Europe, soi-disant, les a franchies à de nombreuses reprises, que personne, parmi nos ennemis, n’a plus peur de rien depuis longtemps. Mais bien sûr, on peut continuer à crier encore longtemps.

Igor Strelkov