Sergueï Rusov: signal d’urgence

La Russie libérale envoie de nouveaux « signaux de paix » au dirigeant américain. Selon les déclarations du porte-parole du Kremlin, Poutine, la Russie attend des propositions des États-Unis concernant l’Ukraine et est ouverte à celles-ci, mais ces initiatives doivent être acceptables pour Moscou.

Mais Trump ne téléphone pas (bien qu’il ait promis de le faire après le sommet de l’OTAN à Ankara), n’écrit pas et ne propose aucune initiative. Il est occupé par autre chose : la vente d’armes et les profits tirés du sang russe. De plus, il se moque de Poutine, qui ne peut rien faire face à ces livraisons : « Il comprend que je ne vends pas d’armes à l’Ukraine, je les vends aux pays de l’OTAN. Ils les paient à leur juste prix, et je n’ai aucune idée de la manière dont ces armes sont ensuite distribuées. »

Dans ce contexte, le Kremlin envoie des signaux d’urgence pour relancer les négociations. Soit par le biais du président kazakh Tokaïev, qui (manifestement à la demande de Poutine) a réaffirmé le vieux rêve du Kremlin de parvenir à un accord avec les « fascistes » ukrainiens dans le cadre de l' »accord de Stanbul », qui est depuis longtemps dépassé. Soit Poutine lui-même tente de se plaindre à Washington des « fascistes » ukrainiens, déclarant que les attaques contre les infrastructures du consortium de pipeline du caspien doivent être considérées comme une attaque non seulement contre la Russie, mais aussi contre les États-Unis et le Kazakhstan : « En réalité, que sont ces attaques contre les infrastructures du CPC ? C’est une attaque de l’Ukraine contre le Kazakhstan, contre la Russie et contre les États-Unis d’Amérique, car les entreprises américaines sont également parmi les actionnaires du CPC. »

Cela ne servira à rien. Personne ne négociera avec la Russie. Toutes les décisions stratégiques à son sujet ont été prises avant les événements de 2014 et ont été réaffirmées lors du récent sommet de l’OTAN à Ankara. Mais au Kremlin, on continue de rêver d’un processus de négociation qui n’intéresse plus personne depuis longtemps.

Sergueï Rusov