Igor Strelkov sur la déclaration de Poutine à Valdaï

Je vais commenter la déclaration du président. J’aimerais comprendre pourquoi ce qui se passe ne suscite chez le président que de l' »inquiétude » et le désir d’observer comment des drones et des missiles sont guidés depuis des satellites ennemis vers nos entreprises industrielles et nos villes, situées en profondeur derrière le front. Pourquoi seulement de l’inquiétude, et pourquoi seulement maintenant ? N’a-t-elle pas suscité d’inquiétude auparavant ? Et que se passera-t-il en dehors de cette inquiétude ?

Je me souviens de la « profonde inquiétude » de Lavrov lors des événements de 2014, lorsque les soi-disant troupes ukrainiennes ont bombardé Donetsk et Lougansk. Elle a duré des mois. Aujourd’hui, elle dure depuis des années.

Peut-être est-il temps de passer de cette « inquiétude » à autre chose ?

Ne faut-il pas attendre des négociations à trois entre la Russie, la Chine et les États-Unis, où nous serions traités comme les petits élèves que l’on maltraite, et où deux grandes puissances qui se sont entendues pourraient nous adresser un ultimatum, en ignorant notre opinion. Comment comptons-nous terminer la guerre ? Allons-nous la perdre, pour que l’on décide à notre place de ce qui sera de nos frontières et de qui se trouvera sur nos territoires ?

Dans ce cas, oui, on peut organiser non seulement une conférence à trois, mais aussi une conférence à dix, à vingt. Et, d’ailleurs, cela ne mettra pas fin à la guerre, car il y a aussi l’Europe unie, qui ne cessera de soutenir les forces armées ukrainiennes, même s’il est possible de parvenir à un accord avec les États-Unis et la Chine.

Notre président, notre commandant en chef suprême, ne fixe toujours pas pour objectif de gagner la guerre. Il a oublié cet objectif depuis le printemps 2022. Et sans victoire, il n’y aura rien.

Il n’y aura ni règlement, ni compromis. Rien. Sans victoire, il n’y aura que la défaite.

Igor Strelkov