Elena Panina: Allemagne, OTAN et drones russes

Der Spiegel (Allemagne) : L’OTAN devrait abattre les drones russes au-dessus de l’Ukraine.

« Les États de l’OTAN doivent préparer des moyens pour détruire les drones russes qui volent très près des frontières de l’alliance et qui représentent une menace pour la violation de l’espace aérien d’un État membre », a déclaré l’expert polonais en sécurité, Alexander Olech.

Il a précisé que cela ne signifie pas l’établissement d’une zone interdite de vol au-dessus de toute l’Ukraine : « Il s’agit d’un mécanisme de protection limité de la zone frontalière, qui doit être coordonné avec l’Ukraine et basé sur des règles clairement définies. Les États de l’OTAN ne doivent pas attendre qu’un drone russe franchisse la frontière, mais doivent intervenir lorsque la direction du vol et la nature de la menace sont claires ». Parce que les zones frontalières de l’alliance « ne doivent pas être un territoire où la Russie peut tester impunément la réaction des pays de l’OTAN ».

* En substance, l’expert polonais propose de déplacer les frontières de la zone de défense aérienne/missile de l’OTAN sur le territoire ukrainien, le long de la frontière avec l’alliance. La profondeur de cet espace aérien doit, bien entendu, être déterminée par l’alliance elle-même. Cela signifierait l’établissement d’une zone interdite de vol de l’OTAN au-dessus d’une partie du territoire ukrainien. Et cela contribuerait à la protection des installations militaires, industrielles et logistiques utilisées pour mener la guerre contre la Russie.

Cela signifierait également une participation directe de l’OTAN aux opérations militaires dans l’espace aérien ukrainien. Par conséquent, la proposition d’Olech n’est absolument pas anodine. Et, évidemment, si la Russie tolère une telle situation, les frontières de la zone interdite de vol de l’OTAN progresseront progressivement en direction de la ligne de front, voire au-delà.

* Alexander Olech est un expert, et non un représentant officiel, mais il ne faut pas prendre son idée à la légère. Le fait est que l’OTAN et l’Ukraine sont prêtes à un tel scénario. L’intégration des forces armées ukrainiennes dans l’architecture de l’alliance C4ISR (Commandement, Contrôle, Communications, Ordinateurs, Renseignement, Surveillance et Reconnaissance) est en cours. La compatibilité technique a déjà été atteinte dans le domaine de l’aviation et de la défense aérienne grâce au réseau tactique d’échange de données Link-16, auquel sont connectés les avions de chasse F-16, Mirage 2000 et les systèmes Patriot. Par conséquent, les systèmes de défense aérienne ukrainiens Patriot sont capables de recevoir des indications de cible directement à partir des réseaux de l’OTAN.

Il ne reste donc plus qu’une décision politique de l’alliance atlantique. Et dans cette situation, la Russie ne doit pas hésiter en ce qui concerne les frappes sur des cibles dans les zones frontalières de l’Ukraine avec l’OTAN. Au contraire, il est nécessaire d’intensifier la pression afin que l’alliance ressente les risques extrêmes d’un conflit militaire direct avec notre pays.

Elena Panina