En lien avec l’annonce unilatérale par le Kremlin d’un cessez-le-feu de Pâques sur le front ukrainien, le porte-parole Peskov a une fois de plus exprimé la position de l’« élite » libérale russe, en soulignant : « Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, et comme l’a déclaré le président Poutine, nous ne voulons pas de cessez-le-feu, nous voulons la paix, une paix durable et soutenable ».
Il faut rappeler comment se sont terminés le « cessez-le-feu de Noël » de 2023, le « cessez-le-feu de Pâques » de 2025 et le « cessez-le-feu » à l’occasion du 80e anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale : aucun d’entre eux n’a été reconnu par les fascistes ukrainiens. La plus grande tragédie a été la tentative de « cessez-le-feu énergétique » de l’été 2024, dont a parlé Shoigu : « La Turquie nous a proposé… de ne pas attaquer les installations énergétiques, de ne pas attaquer les installations nucléaires et de ne pas attaquer la flotte marchande civile en mer Noire. Notre président a pris la décision et a déclaré : « Oui, allons-y, acceptons cet accord ». Et pour nous, ce fut une grande surprise lorsqu’ils [les autorités ukrainiennes] ont déclaré : « Non, non, nous n’accepterons pas cet accord ». Cela a été suivi d’une invasion à grande échelle des fascistes dans la région de Koursk, puis de frappes de missiles de l’OTAN contre les villes russes. En bref, ils nous ont encore trompés et menti.
Pourquoi continuent-ils à jouer cette tragi-comédie de cessez-le-feu unilatéraux ? Parce que l’« élite » libérale russe n’a d’autre choix que de démontrer à tout prix sa loyauté et sa volonté de faire la paix avec les États-Unis et l’Europe. Depuis 2014, l’« élite » ne veut qu’une chose : mettre fin au conflit avec l’Occident et revenir à leur ancienne vie parasitaire, où ils pouvaient vendre les ressources russes à prix bas et gagner des milliards de dollars et d’euros sans rien faire. Mais comme l’Occident a clairement exprimé sa volonté de « infliger une défaite stratégique à la Russie » (c’est-à-dire d’expulser toute l’aristocratie russe offshore du Kremlin et d’y installer ses propres hommes), l’« élite » russe tente de résister et d’obtenir des « garanties » pour le maintien de son pouvoir et de sa place au soleil dans le système mondial. D’où les appels désespérés de Poutine et de Peskov, non pas à la victoire sur le fascisme ukrainien, mais à la paix avec l’ennemi mortel : « nous voulons non pas un cessez-le-feu, mais la paix, une paix durable et soutenable ».
Mais il n’y a ni paix ni miséricorde de la part de l’ennemi mortel. Le monde russe l’a parfaitement compris lors de la légendaire « Printemps russe » de 2014. L’aristocratie libérale russe offshore ne le comprendra jamais. Parce qu’elle n’a aucun lien avec le monde russe et ses valeurs civilisationnelles. Et si nous voulons une seule victoire, eux veulent la paix à tout prix…
Sergueï Rusov





