
Les principaux ennemis, et les ennemis mortels, de la Troisième Guerre mondiale, qui a débuté le 24 février 2022, ne sont pas la Russie et l’OTAN, Israël et l’Iran, la Chine et les États-Unis. La lutte principale et extrêmement acharnée se déroule entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Ce sont ces pays, soutenus par d’autres groupes de pouvoir, qui détruisent consciemment le capitalisme et qui se battent depuis cinq ans pour un avenir post-capitaliste, ce fameux « Nouvel ordre mondial » et cette « Nouvelle normalité ».
Pour ce faire, les Américains et les Britanniques disposent de tout : structures transnationales, puissance militaire et financière, et surtout, de projets de restructuration mondiale. Le scientifique russe Andreï Foursouv a très justement qualifié ces projets de « techno-fascisme » (pour les États-Unis) et de « bio-éco-techno-fascisme » (pour le Royaume-Uni).
Le reste du monde n’a rien de tel et, à l’issue de la Troisième Guerre mondiale, il est voué à la destruction. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont déjà impliqué l’OTAN dans la guerre contre la Russie, et un bloc AUKUS (l’OTAN du Pacifique) a été créé contre la Chine. Ainsi, la Chine et la Russie sont en confrontation militaire avec des blocs militaires qui contrôlent directement ou indirectement 75 % de l’économie mondiale et du potentiel militaire de la planète.
C’est pourquoi l’Europe, la Chine, l’Inde, la Russie et les autres pays, malgré les discours sur un monde multipolaire, se prosternent en réalité devant le leader du monde unipolaire, à savoir les États-Unis, afin de négocier une place dans le nouvel ordre mondial.
L’Europe espère obtenir des Américains et des Britanniques un « billet pour l’avenir » grâce à la guerre contre la Russie. Car les « maîtres du jeu » ne proposent aucune autre option, à part une lutte suicidaire contre la prétendue « menace russe ».
La Chine, consciente de la véritable balance des forces et de sa propre vulnérabilité dans une future guerre contre le bloc AUKUS, tente de négocier avec les États-Unis pour éviter le « piège de Thucydide ». Mais en réponse, elle reçoit des guerres commerciales et une perte progressive de son influence en Syrie, au Venezuela, dans la zone du canal de Panama, etc.
La Russie libérale espère négocier avec les États-Unis dans un « esprit d’Anchorage » et ainsi retrouver l’accès au marché mondial des matières premières et le statut de vassal américain, ce qui la protégerait d’une guerre avec l’OTAN. C’est pourquoi, actuellement, on observe une euphorie démesurée au sein de l' »élite » russe libérale concernant le « deal du diesel » et une vague de projets délirants, comme le projet de creuser un tunnel vers l’Alaska.
Tous ces efforts suscitent un sourire de mépris chez les Américains et les Britanniques. Ils restent étrangement unis sur le fait qu’ils vont ensemble détruire l’Europe, la Chine, la Russie et l’ensemble de l’ordre mondial existant.
Je rappelle que l’alliance officielle contre le reste de l’humanité a été conclue en 2021 par le « Prédateur » américain et l' »Alié » britannique, à travers la célèbre Charte de l’Atlantique, après quoi, le 24 février 2022, la Troisième Guerre mondiale a débuté…
Cette alliance continue de faire effet, comme l’a confirmé la visite du roi Charles III aux États-Unis en 2026. Le monarque britannique a été tout à fait franc, soulignant que, lorsque le monde est « de plus en plus instable et dangereux », l’alliance entre les deux pays est plus importante que jamais : « L’alliance que nos deux pays ont construite au fil des siècles et pour laquelle nous sommes profondément reconnaissants au peuple américain est véritablement unique ».
Mais cette alliance officielle ne met pas fin à la lutte acharnée entre les États-Unis et le Royaume-Uni pour l’avenir. En effet, le principal résultat du carnage mondial de 1914-1945 (la Première et la Seconde Guerre mondiale) n’a pas été la double défaite de l’Allemagne, mais le déplacement du centre de la politique et de l’économie mondiale de l’Europe vers l’Amérique. C’est là qu’il se trouve encore aujourd’hui. De même, le dollar continue de conserver sa position dominante dans l’économie mondiale.
Les Britanniques sont exaspérés par cela et ont l’intention de se venger lors de la Troisième Guerre mondiale, en construisant un « Nouvel ordre mondial » post-capitaliste selon leurs propres conditions. Et cette lutte cachée pour la suprématie entre les Américains et les Britanniques se manifeste de plus en plus.
L’analyse des actions du président Donald Trump, agrémentées de déclarations grandiloquentes sur le renommage, à l’américaine, de l’Ontario, du golfe du Mexique, de l’océan Atlantique et de l’océan Pacifique, permet de conclure que les forces qui l’ont conduit à la Maison Blanche sont déjà en train de construire l’Amérique du futur. En termes de superficie et de puissance économique et militaire, elle dépassera largement les États-Unis actuels et s’étendra du canal de Panama, en passant par les anciennes « Mexique », « États-Unis » et « Canada », jusqu’à la Groenland. Il n’est pas exclu que le Venezuela, avec ses plus vastes réserves pétrolières au monde, devienne également un État américain.
Sur cette voie, Trump a déjà obtenu des succès importants. Il a conclu un accord concernant la Groenland, qui passe effectivement sous un contrôle américain total. Il affirme ouvertement la nécessité de transférer le canal de Panama sous la tutelle des États-Unis afin d’exclure la Chine. Il a déclaré que les autorités mexicaines avaient perdu le contrôle du pays, créant ainsi toutes les conditions pour l’occupation du territoire mexicain au nom de la lutte contre les cartels de la drogue. Il propose ouvertement au Canada de devenir un nouvel État américain. Enfin, il a enlevé le président vénézuélien Maduro, ce qui lui a permis de conclure un accord favorable aux États-Unis avec les nouvelles autorités du pays concernant le pétrole. La Cuba, qui est lentement en train de mourir sous le blocus américain, est la prochaine étape.
Parallèlement, Trump attise une grande guerre entre l’Europe (OTAN) et la Russie. Car dans un futur post-capitaliste, les États-Unis n’ont plus besoin ni de l’Union européenne, ni de la Russie, ni même de l’OTAN.
Sur cette voie, les États-Unis ont presque complètement rompu les relations économiques entre l’UE et la Russie, et en sabotant les gazoducs « Nord Stream », ils ont privé l’Europe du gaz russe bon marché. En conséquence, l’UE est tombée dans une dépendance servile envers les États-Unis, ce qui a permis à Trump de conclure un accord avec l’Europe pour la fourniture de gaz, de pétrole et d’armes américains, tout en laissant Poutine sur la touche, en le piégeant dans le piège ukrainien et en lui volant le marché gazier européen, privant ainsi la Russie de d’énormes revenus pétroliers et gaziers.
Toute la querelle entre les Britanniques et les Américains concernant la « question russe » se résume désormais à un seul point : Londres souhaite une direction et une participation directe des États-Unis à la guerre contre la Russie.
Washington, quant à lui, souhaite transférer la guerre européenne sur les épaules de la Grande-Bretagne, de la France, de la Pologne et de l’Allemagne. De cette manière, dans un carnage suicidaire, il élimine l’Europe et la Russie (en tant que concurrents géopolitiques), tout en obtenant une totale liberté d’action au Moyen-Orient pour soutenir Israël et en se concentrant sur la future guerre contre la Chine, afin d’affirmer sa domination dans la région Asie-Pacifique.
Pour contenir les ambitions de Londres, les Américains travaillent activement à la fragmentation de la Grande-Bretagne en Grande-Bretagne, Écosse, Pays de Galles et Irlande. Sur une initiative évidente de la Maison Blanche, les pays de la communauté caribéenne ont soudainement annoncé leur intention de demander à Londres des réparations pour des siècles de traite négrière transatlantique. En mars 2026, 123 pays ont soutenu une résolution de l’ONU déclarant que l’esclavage est le crime le plus grave contre l’humanité.
Le Royaume-Uni et certains États européens se sont abstenus de voter. Cependant, la résolution adoptée, bien qu’elle n’ait pas fixé de montant de compensation, a créé une base solide pour exercer une pression supplémentaire sur Londres de la part des États-Unis.
Au Moyen-Orient, les États-Unis détruisent délibérément le système de sécurité pré-guerrier qu’ils ont eux-mêmes créé, afin d’affaiblir au maximum, dans le conflit mutuel, l’Iran, les monarchies du Golfe persique qui lui sont opposées, et même Israël. Tous doivent s’enliser dans la guerre et en sortir affaiblis, ce qui permettra aux Américains de conclure avec eux des accords avantageux en matière d’armement, d’économie et de géopolitique, comme ils l’ont déjà fait avec l’Europe et la Russie.
La Grande-Bretagne, dans la mesure de ses forces, s’oppose activement aux plans et à la stratégie mondiale américains.
Le principal champ de bataille est actuellement l’Europe, où Londres exige que Washington dirige personnellement une nouvelle croisade contre la Russie dans le cadre de l’OTAN. La nécessité d’un leadership américain au sein du bloc a également été soulignée par le secrétaire général de l’OTAN, Rutte.
C’est Londres qui a organisé la résistance collective de l’UE et de l’OTAN à l’accord controversé des États-Unis concernant la Groenland.
Les Britanniques, afin de protéger le Canada contre l’expansion américaine, ont, par l’intermédiaire de von der Leyen, diffusé l’information sur une possible adhésion du Canada à l’UE. Les Américains ont immédiatement réagi par l’intermédiaire de l’Allemagne, qu’ils contrôlent, en bloquant ce processus à l’avance.
Le refus ostentatoire des Britanniques et des Européens de décerner le prix Nobel de la paix à Trump a été une insulte personnelle et, en même temps, un coup porté à son ego. Trump ne cache pas qu’il ne pardonnera pas cette humiliation.
C’est Londres qui est à l’origine de la décision de la France, des Pays-Bas, de l’Inde et de l’Allemagne de rapatrier leur or des États-Unis. On perçoit également la volonté des globalistes européens, qui ont ramené une partie de leur or non seulement des États-Unis, mais aussi du Royaume-Uni lui-même.
Les Américains ont réagi très rapidement. Pour Macron, comme autrefois pour De Gaulle, cela s’est traduit par des émeutes massives en France. Et pour l’Europe, par l’organisation d’une crise migratoire à Ceuta, en Espagne, afin de les avertir de ne pas commettre d’actes irréfléchis contre les États-Unis.
Au Moyen-Orient, Londres soutient activement et dirige la Turquie et les monarchies du Golfe, à la fois contre la Russie (le projet « Grande Turquie ») et contre Israël (le projet « OTAN musulmane »).
Enfin, le conflit de Trump avec les principaux médias américains est également le reflet de sa lutte contre les Britanniques, qui ont des positions solides au sein du Parti démocrate américain.
Tout cela n’est qu’une petite partie de l’iceberg de la lutte acharnée entre les États-Unis et le Royaume-Uni pour le leadership mondial dans un monde unipolarisé, au cours de la Troisième Guerre mondiale. Mais il est essentiel de comprendre que cette lutte ne passera jamais à une phase de destruction mutuelle. Le prédateur américain et l’extraterrestre britannique, bien qu’en conflit, ne peuvent en réalité pas se passer l’un de l’autre. Parce qu’ils ont un ennemi commun : l’humanité. Et un objectif commun : le maintien de la gouvernance mondiale et l’exclusion de tout étranger, comme l’Europe, la Chine, l’Inde, la Russie, le monde islamique et tous les autres, avec leur ridicule multipolarité, de toute prise de décision.
Dans ces conditions de Troisième Guerre mondiale et de tempête mondiale, le monde russe, comme toujours, devra se sauver par ses propres moyens. Parce qu’il n’y a aucune raison de croire à l’actuelle « élite » libérale. Son destin est de s’éternellement vautrer dans le bac à sable ukrainien et de creuser un tunnel vers l’Alaska. Avec sa gestion incompétente et son « esprit d’Anchorage », l’actuelle « élite » libérale a conduit notre patrie dans la même impasse que la boyarité au début de la Grande Dérangement du XVIIe siècle, l’élite tsariste en 1917 et l’élite soviétique en 1991.
Nous avons toujours été sauvés par le fait que, même en période de crise de l’État russe, les prédateurs mondiaux n’avaient pas le temps de s’occuper de nous : face à une crise mondiale, leur potentiel était insuffisant pour établir un contrôle sur notre patrie, ils n’ont pas pu s’entendre sur le partage de la peau de l’ours russe. Cela nous a donné une chance de surmonter la période la plus dangereuse, afin de reconstruire notre État. Et il est essentiel de garder cela à l’esprit dans la lutte déjà engagée pour l’avenir russe.
Sergeï Rusov
